Que faire quand il y a le feu au lac ?

Je vous aurai bien mis une photo de lac en feu, mais les lois de la physique n’étaient pas d’accord. Du coup, j’ai cherché un tricheur, l’artiste Dan Corson, qui a créé un anneau de feu sur un lac. Dan Corson fait de belles photos, que vous pouvez regarder sur son site web http://dancorson.com/

Anneau de feu par Dan Corson

Mais enfin, Elisa, où tu veux en venir ?

Cet article ne parle pas (vraiment) de lacs en feu, mais de ce qui se passe quand on traverse un moment difficile dans la vie, et comment, effectivement, le traverser, sans qu’il laisse sur nous un impact négatif, comme un souvenir au fer rouge. Mais surtout, surtout, comment faire pour que cette épreuve soit un moment de libération ?

Nous vivons tous ce que nous appelons des épreuves. Mais si nous les définissons ainsi, c’est parce que nous vivons l’évènement à travers nos « cordes sensibles » : si nous n’avions pas la corde sensible, cet évènement ne serait même pas une épreuve pour nous. Ce serait, au plus, quelque chose d’ennuyeux, mais nous n’y verrions jamais de la malchance ou un acharnement du destin sur note petite personne. « Oh non, c’est encore sur moi que ça tombe, ça ne s’arrêtera donc jamais ? ».
Ehhhhhh, non, ça ne s’arrête pas tant que nous ne guérissons pas. Comme dit Mike Robbins « Nothing changes until you do » (« Rien ne change tant que vous ne le faites pas »).

Deux personnes vivant le même évènement peuvent réagir totalement différemment. Par exemple, deux enfants vivant la mort du même parent. L’un sera triste, et fera un deuil, l’autre sera ravagé, et vivra des années de souffrance.
Nous ne réagissons pas à notre vie en fonction des évènements qui s’y passent, mais en fonction de nos blessures, failles et béances intérieures. Par conséquent, il ne sert à rien de vouloir contrôler les évènements de l’extérieur. Je dis « les évènements » mais je veux dire également les gens, la manière dont se déroulent les choses, et en fait… tout.

Nous cherchons à contrôler les autres et notre environnement afin que rien n’appuie sur nos cordes sensibles. Mais elles sont toujours là, tant que nous ne les avons pas guéries ! Donc nous ne faisons que reculer pour mieux sauter. La vie nous apporte toujours les « épreuves » dont nous avons besoin pour faire face à nos peurs. Tant et aussi longtemps que nous les fuyons, il y aura des épreuves faites pour nous les faire rencontrer.

Donc, réellement, et c’est ce que j’ai appris sur les années : la solution est en nous, jamais à l’extérieur. Toutes nos stratégies de protections sont nulles et non avenues, car motivées par la peur. En vertu de la loi de l’attraction, des stratégies motivées par la peur attirent des résultats négatifs. Donc non seulement nous ne réglons pas le problème fondamental (nos blessures) mais en plus nous nous créons de l’interférence en attirant à nous des conséquences négatives à nos choix et stratégies apeurés.

Je l’ai compris ce matin, après une nuit de peur complète liée au fait que j’étais sortie de ma zone de confort. Ma peur envahissait tellement mon champ de vision, que pour la contrôler, j’ai eu mon réflexe habituel : faire des choses. Essayer de contrôler les circonstances.
Et à ce moment, la vérité m’a heurtée comme une demi-brique sur le coin de la tête : si je n’avais pas cette peur, quel besoin aurais-je de m’agiter ainsi ? J’ai senti, avec la certitude de ces moments « deus ex machina » que mon problème était bien ma peur, et que celle-ci m’avait toute ma vie inspirée des choix, de décisions et des stratégies totalement faussés. Comme accepter une proposition moyenne, en pensant que « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », que « je n’aurai peut-être pas une deuxième chance », etc.

L’histoire est banale, on pourrait tous en citer une comme ça. Depuis toute petite, j’ai peur de ne pas réussir (pourquoi j’exerce le métier de coach, à votre avis ?). A un certain niveau de moi-même, je prends cet échec comme inéluctable. Du coup, j’ai toujours « joué la sécurité », parce qu’aller vers l’audacieux et l’incertain, pour cette partie blessée de moi-même, c’était aller à la catastrophe. Je savais que j’aurais à faire face à cette peur un jour, et c’est pour ça que j’ai choisi mon métier : pour grandir et progresser.

Voici ma peur : j’organise un stage de reiki, et je n’ai pas encore trouvé ma salle. J’ai déjà des élèves d’inscrits et pas de salle ! Et depuis trois semaines de recherche, je ne trouve pas.
Hier soir, ma peur de l’échec est devenue énorme. Je me suis mise à googler frénétiquement pour trouver une salle, même une salle un peu décevante, du moment que je pouvais crier « ça y est, je l’ai »… et occulter ma peur. Occulter. Pas « faire face ». Pas « guérir ». Vous voyez le problème ?
Nos moments de crise sont aussi les moments où on peut se libérer. SEULS les moments de crise ont la force suffisante pour nous faire lâcher prise de la peur.
Cette nuit, alors que je me retournais dans mon lit sous l’effet de l’inquiétude, j’avais complètement oublié cela. Nous voulons éviter la douleur de rencontrer nos peurs face à face, et ce faisant, nous nous créons des années de… souffrance. Comme dit le romancier Haruki Murakami « La douleur est inévitable, la souffrance est facultative ».

Quand des émotions très fortes nous agitent, nous avons le réflexe conditionné de vouloir les bannir, les stopper, les refouler.
Quand nous faisons cela, nous avons tout faux.
Nos émotions sont le fil d’Ariane, la « ligne directe » qui mène à nos blessures. Et la seule façon de guérir la blessure est de rencontrer la peur, via l’émotion, et de laisser celle-ci s’épuiser toute seule. Pour guérir, nous devons absolument déprogrammer le réflexe de fuite, et rencontrer notre peur.
Je mets ce paragraphe en gras car je n’insisterai jamais assez sur cela. C’est LA clé de l’a guérison et il n’y en a pas d’autre. J’ai cherché quelque chose de plus facile, de moins éprouvant que ça. Il n’y en a pas.

Mais la bonne nouvelle est que nous sur-évaluons largement la difficulté de l’exercice. Ce qui nous fait peur, c’est de rencontrer notre peur. Quand elle est face à nous et que nous lui accordons notre pleine présence, le tigre à dents de sabre redevient un chaton. Oh, un chaton trempé et pas content, oui. Qui crache et qui feule. Mais un chaton. Relisez Harry Potter, c’est le message qui est en filigrane au fil des livres : la seule chose qui nous fait peur… c’est la peur. quand on la regarde en face, on reprend notre pouvoir.

Alors, comment on procède ?
★1) On prend conscience qu’on est sous le coup d’une émotion. Eh oui, il y a plein de gens qui ne s’en rendent pas compte ! Il y a généralement des indices, comme le fait que nous soyons en train de crier sur les autres, de nous agiter très fort à la recherche d’une solution (mais en nous focalisant sur le problème), ou le fait que nous soyons en larmes. Mais c’est très facile de ne pas le remarquer. Regardez les gens qui s’énervent au volant, par exemple…

★2) On fait « PAUSE ». Si l’on reste dans le tourbillon du quotidien, dans l’empressement du travail ou des tâches ménagères, c’est certain, on ne se sortira pas du bourbier. Là où l’attention se concentre, l’énergie se concentre. Pour sortir guéri d’une crise, il faut de l’énergie, donc de l’attention, donc de la présence. Donc… il faut faire « PAUSE ».

★3) On stoppe absolument les pensées négatives qui vont surgir. Nous avons tous délégué à notre mental la tâche de court-circuiter nos émotions, en plaquant des stratégies dessus, pour faire écran. Cela s’appelle faire du contrôle. Or, le mental se focalise non pas sur les solutions, ou sur le fait d’établir le calme intérieur, mais il se focalise sur le problème : ce qui nous manque, le tort qu’on nous a fait, les catastrophes qui peuvent se produire.

Moi, cette nuit, il se focalisait sur le manque d’une salle. Rappelez-vous la loi de l’attraction : on se crée ce qui est dans nos pensées, car elles dirigent nos préférences, nos choix, nos actions. A penser « échec » on se crée un état intérieur « panique » et c’est impossible que l’on prenne le bon chemin dans cet état. C’est pourquoi il est VITAL (là aussi, j’insiste) de bloquer les pensées négatives. Manu-militari. Avec mon entraînement, je sais maintenant les remplacer par des affirmations positives, que je répète comme un mantra. Cela occupe ma bande passante cérébrale tout en programmant (loi de l’attraction encore et toujours) des résultats positifs. En l’occurrence, mon mantra était « j’ai la salle idéale pour donner mon stage de reiki ».

Déjà, cela nous calme, car le cerveau a le pouvoir de se berner lui-même : les émotions sont « parallèles » aux pensées, donc une pensée apaisée apaise les émotions. Ensuite, cela nous permet de traverser la crise. Car dans un moment de crise, notre corps est secoué par les émotions. On a des papillons dans le ventre, la gorge nouée, on se sent oppressé. C’est long, une « crise de guérison », même quand ça ne dure que six heures. Comme dit Led Zeppelin dans sa chanson Battle for Evermore « Oh well, the night is long, the beads of time pass slow, tired eyes on the sunrise, waiting for the eastern glow » (« Que la nuit est longue, les perles du temps passent lentement, des yeux fatigués sont fixés sur l’aube, attendant que l’Est s’embrase »).

★4) On attend.
C’est probablement la partie la plus difficile. Mais elle est rendue facile par le fait d’avoir maîtrisé sa pensée. Une crise est un nettoyage énergétique (et émotionnel et mental, bien entendu) qui prend plusieurs heures et la vivre de façon conscience, vigilante et éveillée est difficile. Mais on peut la subir, la prendre de plein fouet et la traverser en ayant mal, ou, comme le surfer, l’accepter, et voguer sur la vague. A mes yeux, il est indispensable d’avoir une bonne formation en développement personnel pour vivre la crise avec le maximum de calme et de douceur. Dans ces moments-là, je fais du reiki, je respire, mais surtout je me rappelle les principes que j’ai appris, le fait que l’abondance est acquise pour nous tous et que si on est à se battre pour la concrétiser, c’est qu’on a des blocages en nous, pas à l’extérieur, et que donc, il ne sert à rien de lutter, de s’acharner et de se débattre, mais qu’il faut au contraire permettre au nettoyage de se faire, et que les choses vont se mettre en place. Le pessimisme se cache très souvent sous le masque du « réalisme » dans ces circonstances, et il nous appartient de le démasquer. En envisageant ce qui pourrait mal tourner, nous croyons nous protéger, parce que nous pensons que « plus dure est la chute » quand on a été « trop optimiste ». C’est faux. Un véritable optimiste sait qu’il est capable de rebondir. Donc il ne cherche pas à envisager les possibilités d’échecs. Il les laisse totalement de côté. Comme dit Yann Arthus-Bertrand « il est trop tard pour être pessimiste ». Seul l’optimisme nous aide à traverser une crise. Notre pessimisme ne fait que nous enfoncer et aggrave notre inconfort. Vraiment, il est à bannir. Zéro exceptions.

Ma crise commencée hier amorce sa phase de décrue, maintenant. Je vais continuer les affirmations positives, me faire une séance de reiki (vous, vous pouvez faire votre technique favorite, que ce soit de la méditation, jouer de la musique, faire un sport, de la respiration, de la sophrologie, du jardinage… tout est bon du moment que vous mettez toute votre présence dans votre activité) et… avancer. Continuer.

D’ici ce soir, je le prédis, cette phase du nettoyage sera finie et une énorme énergie va se dégager. Je me sentirai plus légère, plus libre et je verrais cette peur si ancienne derrière moi, pour de bon.
Alors, rendez-vous ce soir, et d’ici là « Dance in the dark of night, sing to the morning light !«