Le principe de la poêle anti-adhésive

La raison qui m’a amenée chez ma première psychologue, en 2013, c’était que j’en avais marre de ressentir certaines émotions. Marre de me sentir « moins que », marre d’être décontenancée, marre d’avoir peur de tout.

On est tous pareil, et je crois que la plus grosse raison qui nous amène à travailler avec des professionnels (qu’ils soient coach, guérisseur.se, psychothérapeute ou hypnothérapeute), c’est « j’ai vraiment plus envie de ressentir ça [insérez l’émotion de votre choix] ».

En fait, on fait semi une grave erreur. Je dis semi, vous verrez pourquoi plus bas.

Les émotions sont faites pour être senties. Elles sont des signaux qui nous apprennent que quelque part dans les étages inférieurs de notre psyché, il y a le feu au lac. Ces émotions créent un chemin entre là où est le problème de fond (le fameux lac en feu) et notre conscience. Elles sont comme un fil d’Ariane, ou plutôt, comme j’aime bien dire, une rampe de pompiers, qui n’ont plus qu’à descendre avec leur lance à incendie pour venir éteindre. Le pompier, c’est notre conscience, l’eau, c’est notre énergie : une émotion SENTIE apporte de l’énergie vers l’information erronée inflammatoire qui a allumé l’incendie. Et cette énergie va nettoyer l’erreur.

Un petit exemple pour que vous compreniez mieux ?
Si à quatre ans, on vous a piqué votre jouet préféré et que l’adulte en charge de surveiller les marmots n’a rien dit, vous vous créez une interprétation de cet évènement qui veut que « je n’ai pas droit au respect » ou « je ne serai jamais défendu s’il arrive quelque chose d’injuste ». Et crac, vous venez de créer les bases d’un schéma, alias information erronée qui vous met le feu au lac. Et tant que le schéma sera là, tout ce que vous allez vivre va être interprété selon ce prisme… Et vous filer de l’émotion. Un sentiment d’injustice, de vulnérabilité, sans doute de la colère…

Or donc, un vrai bon thérapeute devrait vous dire : vous avez besoin de SENTIR ces émotions, parce qu’elles portent l’information erronée à votre conscience. Une fois que vous aurez épinglé le coupable, et réalisé qu’il a pondu une grosse règle générale à partir d’un cas particulier et que c’est lui qui vous pourrit la vie, ce sera très facile de le fiche à la poubelle.

Donc en fait, le vrai objectif, ce n’est pas de « ne plus sentir » l’émotion. C’est de faire que sa cause soit guérie, enlevée, « transmutée » comme on dit en énergétique (transformée en énergie saine).

Mais, me disent mes clients (et moi aussi je me le suis dit pendant des années avant), d’ici à ce qu’il remonte bien à ma conscience, le schéma, d’ici à ce que je comprenne bien, chaque fois que je vais ressentir l’émotion, ça va être comme un couteau qui se retourne dans la plaie, non ?

En quelque sorte, oui. Mais, bonne nouvelle, il y a un joker !

C’est là qu’intervient le principe de la poêle anti-adhésive, haha !

Si vous lisez cet article, vous connaissez les ficelles du système, maintenant, vous savez que les croyances qui déclenchent vos émotions ne sont pas vraies, même si elles l’ont paru à votre moi-même plus jeune au moment où il a créé la croyance (pour se protéger). Donc, quand l’émotion se déclenche, vous savez que c’est safe de réagir différemment, et au lieu d’essayer de bloquer, refouler, vous allez sentir, et laisser passer à travers.

Interpréter quelque chose qui se passe en fonction d’une croyance, c’est ni plus ni moins ce qu’on appelle faire un jugement, c’est à dire coller des étiquettes bien/mal ou dangereux/safe absolument partout. Or, une situation n’est ni bonne ni mauvaise tant qu’on n’a rien collé dessus. La partie de nous qui produits les jugements, c’est notre « moi conditionné » qui est la bibliothèque de toutes nos croyances, toutes nos peurs, en somme, toutes nos programmations. C’est comme des pilotages automatiques qui nous font toujours conclure à la même chose, donc réagir pareil.

Mais on n’est pas obligés d’observer la vie à travers notre moi conditionné ! On peut être en mode non-jugement et devenir curieux, regarder comment les choses fonctionnent. Si quelqu’un se montre impoli, jugeant ou carrément agressif envers vous, ça lui appartient, ça vous renseigne à 0% sur vous, et à 100% sur lui. En conclure « je ne serai jamais aimé » ou « je ne vaux rien, c’est pour ça qu’on me traite mal », c’est hors de propos. Si vous êtes dans votre moi authentique, curieux, non jugeant, vous vous bornerez à constater que l’individu est tout de même sacrément brusque et désagréable à côtoyer. Mais, comme vous ne puiserez pas dans votre bibliothèque de jugements, ça n’ira pas plus loin. Vous ne viendrez pas nourrir vos schémas (qui sont des trolls. Ne nourrissez pas le troll). Et l’évènement glissera à travers vous comme la sauce des fajitas sur une poêle anti-adhésive.

De la même façon, chaque fois que vous venez « remuer le passé » et dire « ah, c’est encore le même problème que je me traîne aujourd’hui », c’est le troll que vous nourrissez. Quand vous acceptez vox expériences, sans les étiqueter bien/mal, elles passent à travers sans laisser de trace et sans venir s’agglomérer à un schéma existant.

Donc oui, vous allez sentir vos émotions ! Tant mieux, c’est comme ça qu’on désintègre un schéma ! Mais si vous vous êtes dans votre moi authentique,  vous allez allègrement sauter l’étape « je me sens misérable » (produite par le schéma). Vous êtes une belle poêle anti-adhésive au revêtement céramique d’une blancheur immaculée. Et vous le restez.

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