Quand il vaut mieux passer le volant à un meilleur conducteur

Dans l’enseignement du GAHP (Global Association for Holistic Psychotherapy) tel que je l’ai suivi cette année, on apprend à vivre, à agir, à être depuis notre « moi authentique », par opposition à notre « moi conditionné » où on passe le plus clair de notre temps quand on ne sait pas qu’il y a en nous une instance plus haute, qui veut clairement notre bien.

Le moi conditionné est tout ce qui est blessé en nous. Il est la somme de nos croyances, de nos peurs, de nos mémoires douloureuses, de nos blocages. Son unique but : le contrôle, pour nous garder en sécurité. Mais sa résultante, c’est de nous maintenir dans un petit pré carré très exigu où, en fait, on est très fragile, et le moindre effleurement nous déstabilise.

Le moi authentique, de son côté, et inaltérable, indestructible, généreux, libre, sans la moindre faille. Et surtout, il est totalement ouvert. Il ne voit que le beau en nous et dans les autres et n’interagit pas avec la négativité. Il nous permet d’évoluer au centre de la plus grande pagaille sans en ressentir le moindre inconfort. C’est notre propre lumière, elle ne dépend ni des autres, ni de nos circonstances. On peut être le plus pauvre, le plus malade des humains, elle brille sans discontinuer. C’est une force absolue.

Et… je suis passée totalement à côté, en décembre 2011, quand j’ai signé un chèque en blanc à mon moi conditionné, lui passant les commandes de mon navire pour ce qui allait rapidement devenir une période d’un an et demi de dépression.

En 2011, plusieurs évènements déstabilisants se sont produits, et au lieu de lâcher prise, de respirer et de laisser faire l’Univers (que, honnêtement, je ne connaissais pas très bien, et auquel, de toute façon, je n’étais pas disposée à faire confiance), je me suis arc-boutée. J’ai cherché à contrôler, et comme tout s’effondrait sous mes pieds, j’ai demandé un miracle.

Et j’ai failli l’avoir !
Mais juste failli, car au dernier moment, j’ai choisi le stress.

Ça allait très mal avec mon compagnon, la colère et le ressentiment dominaient la scène. Je me rappelle, je me promenais dans les bois pour essayer de me calmer, demandant de l’aide. Et, en l’espace d’un instant, j’ai basculé dans mon moi authentique. C’était l’aide que l’Univers envoyait. La cavalerie des westerns (celle qui arrive toujours en retard… dans les westerns. Pas dans la vraie vie). J’ai ressenti un apaisement infini, un sens d’espoir, de « ça va s’arranger ». Mais je n’y ai pas cédé. Mon moi conditionné, empêtré dans une rationalité crasse, s’est imposé et a dit « mais non, il y a des problèmes réels, il faut les régler. Cessons ces bêtises insensées de foi et d’amour, et inquiétons-nous, bordel ! ».

Et là, c’était fini. Le moment de magie était passé, j’ai choisi la peur (vous savez, celle qui mène à la colère, qui mène à la haine, qui mène au Côté Obscur), et j’ai fini dans une belle dépression garantie pur beurre et il m’a fallu un an et demi pour m’en relever.

Eh bien, j’aurais pu choisir la pilule bleue ! Et la pilule bleue est la vraie, pas la rouge, dans notre monde. Mon moi authentique me tendait les bras (il nous tend toujours les bras dans les situations désespérées), et j’ai dit « Nein ! » (accent allemand de commandant SS en bonus).

Eh bien, aujourd’hui, huit ans plus tard, j’ai enfin pris la pilule bleue et choisi le bon côté des choses.

Je le sentais venir depuis quelques semaines, une transformation était en cours de livraison chez moi (et pas par Chronopost, je vous prie de le croire !). De grosses secousses émotionnelles m’incitaient à lâcher prise et ce matin, rongée de culpabilité pour avoir été pas sympa envers un ami, j’ai dit : « J’en peux plus. Je peux pas enlever cette culpabilité par moi-même. Et je ne veux pas la garder car elle me tue. Univers, prends le dessus. »

A ma grande surprise, j’ai senti la présence de la personne avec qui j’avais été méchante près de moi. Chaude, accueillante, douce. Elle m’a dit « Tout va bien. Je sais que tu as agi comme ça parce que tu étais pas bien. Je ne t’en veux pas. Je vais très bien. »

Tout ça ne passait pas par des mots articulés, mais le langage était très clair.
J’ai senti un élan d’amour qui y répondait, et j’ai pu enfin respirer librement. La culpabilité était partie. Mais la douce chaleur perdurait. C’était le jour et la nuit. Et ce n’était pas moi qui avait fait la manœuvre. Pas mon moi conscient en tout cas.

Quand vous demandez de l’aide, votre moi authentique prend le dessus. Et lui n’opère pas dans le monde de limitations de notre mental. Il n’a que faire des obstacles, là où il évolue, il n’y en a simplement pas. Quand vous interagissez avec le monde depuis votre moi authentique, vous vivez concrètement dans un paradis. (Où il faut toujours payer ses impôts et laver sa vaisselle, je vous l’accorde. Mais ça n’est pas vécu comme un problème ^_^).

La leçon que je veux vous transmettre c’est : si votre véhicule va dans le mur, passez le volant à un conducteur plus compétent. Vous ne pouvez pas résoudre un problème avec l’état d’esprit qui a présidé à sa création. Votre moi conditionné n’est simplement pas équipé pour ce genre de choses. Votre moi authentique a tout ce qu’il faut. Il va vous ramener à la maison.

Comment on fait pour passer de l’un à l’autre ? On demande. Tout simplement. On demande et on LAISSE FAIRE. Pas comme moi en 2011, m’voyez ?
Faites confiance à l’impression d’amour, de paix et de… confiance (oui, je sais, ça fait une répétition) qui fleurit. Laissez les soucis de côté. Ils n’ont pas la réponse.
Et… c’est tout.
S’il y a des actions à faire, des pardons à demander, des torts à redresser, vous le ferez. Mais vous le ferez en étant drivé par l’amour qui se fait très perceptible dans votre moi authentique. Tout ce qui demande une intervention recevra satisfaction. Ne vous inquiétez pas. Le moi authentique n’est pas passif. Par contre, il est ad hoc. Il ne court pas frénétiquement dans tous les sens.

Mais le cadeau, à mes yeux, c’est que vous ne vous serez jamais senti.e aussi bien.
J’ai hâte que vous me disiez ce qui s’est passé quand vous aurez essayé ;)