La sagesse est dans la lenteur

Ce matin, une idée que j’attendais depuis looooooongtemps s’est mise en place.
 
Je savais confusément cette chose, mais il y avait comme des rideaux de brouillard par couches et par couches par-dessus.
 
Vous savez que la vie répond exactement à la manière dont vous envisagez et faites les choses, n’est-ce pas ?
Eh bien moi, j’envisageais tout avec PRESSION. Je forçais pour tout.

L’escargot sur les feuilles, par Emmanuelle Heyd

Étant auto-entrepreneur, je décide quand je travaille, sur quoi et combien de temps.
Si vous saviez de quelle façon raide et robotique je le faisais ! Je ne donnais pas la moindre chance à mon inspiration de me guider, et le matin, quand je sentais que mon corps ou mes émotions me réclamaient de ralentir (aka, la meilleure chose de l’Univers pour être guidé), ma culpabilité vis à vis de ne pas être un « bon petit soldat du travail », occupée 8h par jour venait me saboter et me gardait active, même si je ne faisais pas grand-chose.
 
Tant que je bougeais (fut-ce pour faire du ménage, tâche qui ne contribue pas vraiment à mon activité professionnelle), j’avais l’excuse de dire que j’étais active, et ma culpabilité était mise en pause. Par contre, je m’épuisais.
 
Ainsi, j’ai gâché des milliers d’heures qui auraient vraiment mieux été employées à dormir, respirer, rêver, et aller vers ce que j’aime. Oui, faire des origami pendant trois heures peut contribuer à votre activité professionnelle, bien entendu !
 
Parce que dès que votre être authentique se déploie, la joie se déploie, et elle vous attire des résultats alignés : quand on s’aime et qu’on prend soin de soi, l’Univers vous dit merci. En fait, au vrai, il ne vous dit rien du tout que vous ne vous disiez pas en premier. Voyez-le comme un prolongement de vous-même.
 
Votre vie est un « appendice » de vous-même. Si vous êtes, comme je l’étais, en mode « stakhanoviste + culpabilité », que croyez-vous qu’elle va vous envoyer, la vie ? De la pression, et des informations/personnes/résultats culpabilisants.
 
Chaque fois que mon activité professionnelle a eu un sursaut de mieux… c’était quand j’en faisais MOINS.
La suractivité n’est aucunement la panacée !
 
Tout dépend de l’état d’esprit où on est. Le secret n’est pas dans « ne rien faire » : si vous ne faites rien par peur et paralysie… votre vie, votre appendice, votre Univers va vous donner la même chose.
Mais si « ne rien faire » est égal à « se centrer » « se remplir d’énergie en se reposant » ou « explorer les possibilités vastes et infinies en se tenant dans l’immobilité pour mieux entendre », là, bingo !
 
Je le redis sans cesse : ce que nous faisons ne porte aucune signification en soi.  Comment nous le faisons, oui.
 
Nous avons un réflexe ancré en nous : quand les choses partent en cacahuète, nous nous mettons à nous agiter, à faire plus, plus plus, et plus les choses nous échappent, plus nous verrouillons, serrons, pressurisons.
 
La solution est dans l’opposé. Il faut RA-LEN-TIR. Faire « pause » (imaginez le bouton). Se mettre en immobilité, tourner une oreille absolument sourde à la peur, et faire ce qui nous fait du bien. Longtemps. Trois jours de suite si nécessaire. On n’entend pas notre voix intérieure dans la cacophonie ni dans l’agitation.
 
C’est contre-intuitif, mais c’est la réalité. Notre réflexe « fuir ou se battre » (« flight or flight » en anglais. Et j’ajoute « freeze » and « freak out », à savoir « se figer » et « flipper ») est bon pour les situations de vie ou de mort où le cerveau conscient n’est pas bienvenu. Par exemple quand un tigre à dents de sabre vous saute dessus. Ça vous arrive souvent ?
Moi, non. Mais mon « système sympathique » (la partie de notre biologie qui est responsable du réflexe « fuir ou se battre » et qui nous fait fabriquer de l’adrénaline), lui, est persuadé que ça arrive tout le temps. Le moment est venu de le détromper.
 
Le reste du temps, la solution est dans la pause, la lenteur. Aller vite, ce n’est pas notre nature. La Nature, elle, va lentement. Une récolte par an. Une seule saison des fraises. Une seule saison des jonquilles. Un an de pause.
C’est NORMAL.
Mais on l’a oublié.
 
Je suis là pour vous le rappeler.