La pleine lune de septembre et sa symbolique

J’aime l’automne. Je l’ai toujours aimé depuis que je suis petite. Le stress de la rentrée (qui était énorme, chez moi) n’a jamais effacé la sensation de confort que je ressentais en me glissant dans l’automne, comme on enfile un pull moelleux. L’été n’est pas une saison confortable pour moi, donc j’ai toujours accueilli septembre avec un certain soulagement.

Demain mercredi 6 septembre, c’est la pleine lune, et c’est un moment spécial.

La nature a un rythme, que les anciens (par exemple, les populations du néolithiques et celles de l’antiquité) connaissaient bien, et ils savaient que l’homme était influencé par lui, aussi bien que les plantes et les animaux. Je l’ai toujours vaguement senti, mais c’est un livre, un livre tout simple et joyeux, qui m’a permis de vraiment m’en rendre compte, et d’utiliser les énergies particulières diffusées aux différents moment de l’année pour m’aider et me faire avancer. Ce livre, c’était Vivre la tradition celtique au fil des saisons, de Mara Freeman. Un mélange de contes, de traditions issues des « pays celtiques », de données mythologiques et archéologiques et de DIY, comme des recettes, des bricolages.

la belle photo du livre, telle que publiée dans la Bibliothèque des Farfadets

Le mois de septembre symbolise la récolte, et plus précisément, la « deuxième récolte », celle des fruits, la première étant la moisson, faite en août. Les pommes, les mûres, les noisettes, les prunelles, les champignons, cette récolte est autant celle de la nature elle-même, avec les fruits sauvages, que celle des fruits cultivés, comme le raisin des vendanges.
Cela est vrai aussi pour notre monde intérieur : septembre est le mois où l’on peut provoquer la concrétisation de ce à quoi on a travaillé toute l’année.

C’est le message symbolique des énergies de la pleine lune de septembre : récolter, et laisser disparaître. Comme on laisse derrière le chaume du blé après l’avoir moissonné, il est temps d’abandonner consciemment ce qui ne nous est plus nécessaire, et ce qui nous entrave carrément. J’ai beaucoup ressenti ce besoin ces derniers temps, et j’ai reçu un certain nombre de messages de la vie m’indiquant qu’il était temps de le faire.

Récolter, c’est quoi ?

Récolter, c’est voir le positif, donc accepter de laisser derrière soi nos frustrations, nos impressions de ne pas avoir, de ne pas être assez, d’être moins bien loti que les autres. On se sent souvent seul, donc « unique » et séparé des autres face à nos problèmes. Comme si on était le plus malheureux, le plus bloqué, le plus abandonné. Cette illusion est ni plus ni moins que de la crasse sur nos lunettes qu’il faut nettoyer pour y voir clair : comment voulez-vous récolter les bonnes choses de votre vie si elles sont cachées par un biais dans votre perception ?

Abondance à saisir

Récolter c’est aussi réaliser notre valeur, nos qualités. S’apercevoir que l’on n’a pas besoin d’être le meilleur, et même pas d’être bon, pour être aimé, apprécié, entouré. Que l’on n’a pas besoin de devenir une autre personne pour avoir un impact positif. En somme, que nous sommes déjà chez nous.

Récolter, c’est se remplir de gratitude tous les jours. Un exercice difficile pour moi, donc d’autant plus nécessaire à pratiquer souvent. Rhonda Byrne dit « n’attendez pas d’avoir des raisons d’être reconnaissant, les choses se passent dans l’autre sens : soyez reconnaissant et les bonnes choses viendront à vous. »
Hier, j’ai reçu un message à cet effet, sous la forme d’une amusante synchronicité dans le métro. Je lisais le Livre de la Joie quand le guitariste de Bazar et Bémols est monté dans la rame pour chanter une chanson. A la fin de la chanson, il est passé avec une casserole pour collecter « des sous et des sourires ». Il a précisé qu’il rendait les sourires, et qu’il gardait les pièces. Deux minutes plus tard, à la page 350 de mon livre, je lisait « quand vous souriez au monde, celui-ci vous rend votre sourire » : on récolte ce qu’on sème. Tout le monde le sait, mais combien le pratiquent au quotidien ?

Septembre est aussi une transition…

… Un apaisement, un passage vers le silence et l’immobilité de l’hiver. Les arbres vont commencer à perdre leurs feuilles et comme eux, nous sommes invités à nous défaire des les vieilles choses qui entravent notre avancée dans la vie : les rancunes, les limitations, les blocages. Pour ma part, j’ai traîné toute ma vie un schéma de discorde avec mes meilleures amies. Toutes celles que j’ai eue, depuis l’âge de 11 ans, je m’en suis séparée avec une dispute, et avec beaucoup de rancune de ma part. Au fil du temps j’ai compris que je cristallisais les mêmes peurs, les mêmes suppositions négatives sur la personne qui tenait un rôle de meilleure amie après de moi. Cette année, j’ai décidé de laisser ça derrière moi.
Beaucoup d’autres choses sont prêtes à « tomber » chez moi, donc pour cette pleine lune, je vais le faire en conscience, en écrivant une liste de ce que je jette, et de la brûler pour donner un ancrage concret à mon intention. Notez bien : ce n’est pas le feu qui fait la magie, c’est vous !

Voilà, en somme, le sens de la pleine lune de septembre : elle met à notre disposition une énergie de remplissage (la récolte) et de dépouillement de ce qui nous encombre, pour que nous puissions entrer dans la suite, dans l’automne et l’hiver sereins, calmes, rafraîchis car allégés de nos poids, et bien préparés car bien nourris de notre année. Car une fois que l’on a récolté, on mange !

La citation de Suzy Kacem, publiée sur le blog d’Anna Chen, coach de vie

Septembre nous invite à une transition pour avancer dans nos projets, mais pas sur la base du mental et de la peur : le mental veut toujours que l’on connaisse à l’avance les étapes, que l’on « blinde » le projet, en cherchant à parer à tout ce qui pourrait mal se passer… Le risque, c’est plutôt d’être paralysé, de « jouer petit » et de reculer ou de réduire la voilure. Il faut de l’audace ! On avance un pas après l’autre, l’étape suivante nous sera montrée après que l’on ait réalisé la première. Pas besoin de « savoir » sauter dans la piscine : si vous faites un pas au-delà du plongeoir, la gravité fera le reste ! Rappelez-vous la citation de Suzy Kacem : les doutes tuent plus de rêves que les échecs n’en tueront jamais.

Bonne récolte, bonne « chute des feuilles », bonne transition à vous !