Le jour où j’ai décidé d’aimer mes fesses

Le fameux flamant gonflable dont il sera question plus bas…

En ce moment, je suis ma formation de coaching holistique avec la Global Association of Holistic Psychotherapy. Chaque session de cours est consacré à un sujet. Sauf le body-positive, qui, lui, en occupe DEUX. Et c’est pas pour rien.

C’est aussi le sujet sur lequel on nous a donné le plus d’exercices à faire, pas moins de huit exercices ! Parce que c’est un sujet où notre tête, notre intellect, notre mental prend facilement le dessus. C’est un sujet où on nous a le plus inculqué ce qui est « acceptable » et ce qui ne l’est pas. Ce qui est « beau » et ce qui est « laid ».

L’exercice le plus transformatif (et le plus difficile) pour moi été celui-ci : on doit choisir une partie de notre corps que l’on n’aime pas et la regarder avec les yeux de l’amour pendant UN QUART D’HEURE ! PENDANT SEPT JOURS. Vous m’imaginez regarder mes fesses pendant un quart d’heure, sept jours ? Eh ben, j’ai commencé…

Le premier jour, ma résistance était forte. Je ne voulais pas aimer cette partie de moi, qui, selon mon intellect, a une forme « bizarre ». Aimer ? Non, très peu pour moi. Comment puis-je aimer quelque chose d’aussi imparfait et biscornu ? (spoiler : aimer n’a rien à voir avec le degré de « perfection » d’un truc)
Pourtant, j’ai fait de mon mieux. J’ai eu plusieurs minutes d’amour pour mes fesses (oui, environ deux minutes et demi sur quinze… ^_^), mais j’ai aussi découvert quelque chose. Je les croyais grasses (et bien sûr, je m’en faisais le reproche, comme si le gras, c’était pas la vie -ça l’est, demandez à Karadoc De Vannes).
Eh bien en fait… c’est mes muscles qui ont cette forme « bizarre ». Idem de mes cuisses. J’ai très peu de gras, en fait. C’était une surprise. Quelque part, je pensais qu’un corps musculeux, ou un corps « mince » avait toujours la même forme (à savoir : pas la mienne, de forme).
Ciel, non ! Quelle ineptie !

Le deuxième jour, j’avais encore de la résistance, mais j’avais vraiment envie de m’aimer, alors, à mon corps défendant, j’ai laissé l’amour couler de mon coeur (vraiment, je l’ai senti physiquement) et je l’ai simplement dirigé vers mes fesses, en regardant dans le miroir. Eh ben croyez moi, elle en avaient plein le dos, de mes sarcasmes, de mes critiques, de mon dégoût et de ma réprobation. Elle faisaient environ tout ce qu’elles pouvaient pour moi, et moi, je les traitais comme de la…. oui, voilà, vous savez. J’étais désolée. J’ai senti combien je les avais vilipendées et j’ai eu vraiment de la peine pour elles. Je leur en ai demandé pardon.

Le troisième jour, j’avais hâte de me mettre devant le miroir (même si ça donne un peu du torticolis puisque je dois regarder derrière moi, eh !). J’avais envie de leur dire qu’il n’était plus question de les juger, que j’avais été odieuse avec elles, que je ne recommencerais pas.

Le quatrième jour, c’était vraiment facile de juste les aimer, c’est à dire, les tartiner d’amour. Et à ce moment, je n’étais plus dans mon espace mental, exigu, conditionné, limité et jugeant. Je les voyais comme une chose vivante, une chose avec qui j’ai une relation. C’est un espace totalement différent où la priorité est au ressenti, pas au jugement.

Et puis je suis partie en week-end à Marseille, j’ai vu des tas de copines et de copains en maillot de bain. J’ai vu des fesses et des ventres et des bras et des jambes de toutes les formes, degrés de bronzage, textures… et tout le monde s’en foutait. Personne n’avait l’air d’y prêter la moindre attention. Les gens étaient trop occupés à chevaucher un énorme flamant rose gonflable (qui peut accueillir jusqu’à 5 personnes !) et à faire sortir toute l’eau de la piscine en sautant dedans comme des défoncés (« mes gaulois sont dans la pleine »).

Et voici donc mon cinquième jour… Pour tout vous dire, j’ai hâte. J’ai hâte de dire bonjour à mes fesses, de les remercier de joindre mes jambes et mon tronc, d’être confortables pour m’asseoir dessus et de faire leur boulot de fesses aux petits oignons. Et que, surtout, surtout, je n’ai plus peur qu’elles soient « inadéquates ». C’est vraiment ce qu’on appelle une vue de l’esprit, et je ne suis plus dans cet esprit. Tant de chemin parcouru…
Qu’est-ce qui a fait que ça a marché ? Sincèrement ?
La volonté d’aimer, et celle -farouche- de changer de point de vue. Au lieu de tendre le micro à mes détracteurs internes, je l’ai tendu à mon Adulte Sage et Aimant, qui m’accepte inconditionnellement. Et peu à peu, je m’attends simplement à ce que les autres -tous les autres- en fassent autant. Et je n’ai plus peur d’eux…