Comment j’ai arrêté de ruiner mes journées

Ce matin, panne d’énergie. J’ai mal dormi, j’ai fait des rêves bizarres, et je me sens à plat.
Or, qui se pointe à mon réveil ? Ma Petite Peste Intérieure que j’appelle le Contremaître Irascible.

Que sont les Petites Pestes Intérieures ?

Inner Mean GirlCe sont des parties maladives de nous-mêmes, que nous avons créées à la base pour nous rendre service, mais qui ont pris le contrôle et nous gâchent finalement la vie. Ce sont Christine Arylo et Amy Ahlers qui, leur ont donné leur nom d’origine : « Inner Mean Girls », que j’ai traduit par Petites Pestes Intérieures. Je vous conseille très vivement leur excellent livre éponyme, qui vous aidera à ramener ces empêcheuses de tourner en rond dans le droit chemin.
Nous nous créons des PPI (Petites Pestes Intérieures, vous m’avez suivie) pour être plus acceptés par les autres, donner une image positive de nous-même, être plus productifs, nous protéger des menaces… Tout part d’un bon sentiment. A ceci près que ces PPI ont été créées non par auto-amour, mais par peur… et au final, elles nous épuisent, nous déprécient, nous rendent affectivement dépendantes et nous volent constamment notre énergie.

Par exemple, je vous présente le Contremaître irascible. C’est une PPI qui, de manière rigide, veut que je fasse TOUT aujourd’hui, tout de suite, sans prendre le temps de me reposer, et qui veut que tout soit parfait. Je ne sais pas si vous en avez un, mais c’est le genre à vous faire passer en revue votre to-do liste au réveil, avant même que vous n’ayez eu le temps d’aller faire pipi ou de vous verser un thé.
Dans la journée, si je n’ai pas assez d’inspiration pour écrire un post (ça arrive, n’est-ce pas ? L’inspiration, ne vient pas sur commande), il fulmine, et m’envoie me « racheter » en faisant des tâches ménagères qu’il exige que je fasse à la PERFECTION. Donc si mon hachis parmentier n’est pas le nec plus ultra… il me fait sentir paresseuse, sans valeur, et me crie dessus à longueur de journée. Notez, il le fera de toute façon. Même quand je déplace des montagnes en suant sang et eau, terrifiée par sa grande baguette et sa pointeuse horaire maléfique.
« Tu devrais avoir déjà fini ça ! »
« Tu remets tout le temps les choses au lendemain. »
« Regarde Unetelle, Untel et Unetelle, ils en sont beaucoup plus loin que toi, comment ça se fait que tu traînailles quatre kilomètres derrière ? Tu me fais honte ! »
« A défaut d’être productive professionnellement aujourd’hui, tu n’as même pas réussi à être productive domestiquement ou à aller faire un peu de marche… Tsss, en somme, tu ne fais strictement rien, c’est ça ? »
Le Contremaître Irascible ne veut pas que je prenne de pause improductive. Donc, si je m’assois « sans rien faire » durant un quart d’heure, il m’oblige à penser, à faire des projets, à récapituler cette fameuse to-do liste. Et même le soir, même quand j’ai éteint la lumière et que je suis dans mon lit, même ces derniers instants de journée, il les veut pour lui, et me force à réfléchir à toutes les choses que je fais mal et comment les améliorer.

Comment voulez-vous avoir de l’énergie en fin de journée quand celle-ci a été piratée par une PPI ?

peste intérieure caféAlors, au 31 décembre 2015, j’ai décidé que ça suffisait, et qu’en 2016, il prenait la porte. Donc ce matin, quand il a pointé son vilain nez, je n’ai pas cédé.
Oh oui, il était là. Il a commencé à m’invectiver dans mon lit, à me faire passer en revue ma to-do liste (et non, je n’avais même pas encore pu aller faire pipi). Je commençais déjà à avoir mal, et je me suis dit STOP. Je me suis levée, j’ai laissé mon ordinateur (qui pourtant me regardait avec des yeux culpabilisants), je suis allée à la salle de bains, puis je me suis faite un THÉ. Oui, madame ! J’ai lu mes mails avant toute chose, certes, mais en enfermant Contremaître Irascible dans le placard à balais. J’ai répondu calmement aux demandes de service et aux personnes avec qui je suis en train de monter un stage de reiki dans le Forez, puis je suis venue sur Facebook… et j’ai eu envie d’écrire ce post. Et je l’ai fait. Mais sans la menace de la grande baguette et de la pointeuse horaire. Tranquillement. En sirotant mon thé et en me disant que je le rallongerais bien d’un chocolat chaud, et peut-être même d’un jus d’orange ! Oulàlà, quelle liberté !

Vos Petites Pestes Intérieures ne disparaissent pas « comme ça ».

Elles disparaissent, bien entendu, si vous prenez la décision ferme de les envoyer à l’usine de recyclage. Mais on ne sait pas dans quel ordre elles vont disparaître, et vous pouvez traîner certaines pendant des années. Cette nouvelle n’est pas celle que vous attendiez, je parie ?
La bonne nouvelle, c’est que quand vous êtes conscient des dégâts qu’elles font dans votre vie, vous n’avez pas à les laisser aux commandes. Vous reprenez le gouvernail, et vous placez votre conscience à un autre niveau : non pas celui du jugement et de la critique (qui est au niveau « caniveau » de l’estime de soi), mais au niveau « je m’aime, quoi qu’il arrive ».

Et pour celles qui se demandent « mais je serai moins productive, alors ? »
Oh que non ! Vous serez tout aussi productive, plutôt plus, dans mon expérience. Mais surtout, vous serez productive dans la fluidité, la confiance en soi et l’aisance. Et vous arriverez à la fin de la journée calme, et très peu fatiguée, au lieu de pratiquement exsangue. Le secret, c’est de se rappeler de s’aimer. Comment savoir si vous avez oublié ?
Toute pensée motivée par l’auto-dépréciation « je ne suis pas assez [insérez votre dépréciation favorite ici : pas assez rapide, pas assez perspicace, pas assez productive, pas assez créative, etc.] »
Ou toute pensée auto-irrespectueuse « je n’ai pas le droit de [me reposer, arrêter de penser à mes soucis, penser à moi, manger un repas, m’allonger un moment, etc.] »
… E
st une pensée où vous avez oublié de vous aimer. Vous interdiriez à votre petite soeur ou à votre meilleur ami de prendre un repas au calme, de faire une sieste, ou de sortir prendre l’air ? Non. Et vous lui diriez 42 fois par jour qu’il n’est « pas assez » ? Non plus ! Donc si vous vous le faites, c’est que vous n’êtes pas en train de vous aimer. Remédiez-y fissa !

Rappelez-vous que vos Petites pestes intérieures sont des menteuses.

IMG_3787Tout ce qu’elles vous disent a l’air sacrément réel, mais si vous n’aviez pas la PPI, jamais vous ne vous diriez cela. Vous pouvez le remarquer en observant les gens autour de vous. Quand vous voyez quelqu’un et que vous vous dites « Qu’est-ce qu’il est zen ! »
ou « J’adorerais savoir prendre soi de moi comme elle le fait ! »
ou encore « Merci d’être aussi indulgent et supportif avec moi, ce serait super si j’y arrivais moi-même »
… C’est que ces personnes n’ont pas la PPI qui vous assassine en ce moment et c’est pour cela qu’elles se comportent différemment de vous !

Vous voyez bien qu’on vous susurre des mensonges à l’oreille, alors, ne les écoutez plus ! C’est la première étape vers le recyclage des PPI.